L’ISARA-Lyon s’engage dans une démarche Agile

L’ISARA-Lyon est une école d’ingénieur en agronomie, alimentation et environnement. Créée il y a 50 ans à Lyon, par des professionnels, c’est une école privée sous statut associatif de loi 1901. En fort lien avec le monde professionnel, l’objet de l’école est de former des ingénieurs avec un taux d’employabilité élevé, et également d’accompagner les filières agricoles et agroalimentaires dans leur développement.

Cette dernière décennie, l’école s’est particulièrement développée. En effet, l’école s’est installée sur son nouveau site, l’Agrapole, il y a une dizaine d’années. L’Agrapole est unique en France, c’est un vrai pôle de compétence liant l’école et les professionnels de ces secteurs d’activités.  L’école a dans la foulée repris l’ISEMA (école de commerce) à Avignon, pour appuyer son développement sur le sud-Est de l’hexagone. Enfin, en 10 ans l’école a doublé le nombre d’étudiants sur ses bancs (près de 1 000 en 2017).

Aujourd’hui, l’organisation compte 120 salariés, répartis sur 2 sites (Lyon et Avignon) et dispose d’un budget annuel de 12 millions d’euros. Face à ces changements de taille et aux changements sociétaux, l’école s’est engagée en cette fin d’année 2018 dans un nouveau mode de management et d’organisation. Cette démarche, dite d’entreprise agile, est nommée ISAR’agile. Pascal DESAMAIS, Directeur Général de l’école, m’a présenté leur démarche innovante au cours d’un entretien.

Le constat : une organisation initiale non-adaptée au développement et aux enjeux de l’école

En 50 ans, l’ISARA-Lyon a changée d’échelle. Initialement dotée d’un mode de management relativement pyramidale et en tous cas très cloisonné, l’organisation nécessitait davantage de souplesse dans son fonctionnement. L’ISARA-Lyon est maintenant organisée autour de 5 pôles d’activités : la formation, le conseil, la formation continue, la recherche et l’entreprenariat, alors qu’elle était initialement structurée en départements disciplinaires (composés de 20 à 30 personnes), très cloisonnés dans leur fonctionnement, avec des responsables hiérarchiques dédiés. Cette organisation limitait la transversalité entre départements et rendait plus difficile la gestion des projets en phase avec les enjeux pluridisciplinaires des filières agricoles et agroalimentaires.

Le nouveau mode de management : coconstruit et agile

Face a ce constat, la Direction de l’école s’est orientée vers un mode de management plus participatif dès 2014. Le projet stratégique 2015-2020 a été bâti en associant les salariés de l’école, les étudiants, et le conseil d’administration, sous forme de forum ouvert. L’école s’est ensuite engagée dans la démarche Agile, en étant accompagnée par Nouvelle trace (conseil et coaching agile et en intelligence collective). Depuis fin 2018, l’organisation complète de l’école a été posée sur la table et une nouvelle organisation a été définie : la priorité est donnée à un fonctionnement par projet (transversalité entre pôles d’activités), avec des processus de décisions clarifiés (objectif de prise de 80% des décisions à l’échelle des projets), un mode de management de proximité, et toujours une construction collective de la stratégie.

Et ensuite ?

L’enjeu est maintenant d’accompagner ce changement, auprès de l’ensemble des collaborateurs, à tous les niveaux. Il sera également nécessaire de réaliser des évaluations et des bilans à « mi-parcours » pour savoir ce qui fonctionne ou ce qui ne fonctionne pas bien, et d’appliquer des mesures correctives. Pascal DESAMAIS, revendique « le droit à l’essai » et insiste particulièrement sur le fait que la nouvelle organisation ne doit surtout pas être figée, mais doit pouvoir s’adapter en permanence aux besoins de l’école et lui permettre de conserver son agilité, selon les principes de l’organisation apprenante. Ces changements vont êtres également accompagnés par le développement des « richesses humaines », et des coachings personnalisés pour les collaborateurs le désirant. Les élèves seront également davantage associés dans le fonctionnement de l’école.

En conclusion…

Je terminerais cet article en rappelant qu’il n’y a pas de recette magique : chaque organisation doit adopter un mode de fonctionnement et de management adapté à ses besoins et aux besoins de ses utilisateurs. Il est à mon sens nécessaire, dans cet objectif, de coconstruire la démarche, de manière collaborative, avec l’ensemble des parties prenantes concernées. Surtout, il faut essayer. Essayer de mettre en œuvre des pratiques novatrices, et s’accorder « le droit à l’essai ». Ce modèle de fonctionnement n’est pas figé et doit s’adapter en permanence aux évolutions d’une organisation, par nature en évolution permanente.

Enfin, je tiens personnellement à saluer la mise en œuvre de cette innovation managériale, dans une école qui forme de futurs managers. Il est temps de changer les pratiques managériales : les ingénieurs de demain devront relever ce défi.

Plus d’informations sur l’école : www.isara.fr et sur l’ISEMA : www.isema.fr

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